Donnez un mégaphone à des initiatives sociétales bruxelloises en faveur des jeunes à la recherche d'opportunités

Donnez un mégaphone à des initiatives sociétales bruxelloises en faveur des jeunes à la recherche d'opportunités

Ces dernières semaines, notre capitale a été bouleversée à plusieurs reprises par des émeutes impliquant des jeunes. « Il y a un groupe de jeunes qui sont complètement en marge de la société. Se révolter est leur façon d'être entendus », déclarait à ce sujet Aziza El Miamouni de l'académie de quartier de Molenbeek dans De Standaard. Ce qui incite à la réflexion concernant le soutien que reçoivent ces jeunes aujourd'hui. Sont-ils trop livrés à eux-mêmes ? Et que pouvons-nous faire en tant que société et entreprise privée pour améliorer leurs perspectives d'avenir ?

Chez Telenet, il s’agit d’une question sur laquelle nous nous penchons volontiers. En tant qu’acteur numérique, nous voulons que chacun se sente impliqué dans le monde numérique, ce qui n'est pas si évident pour les jeunes issus de familles défavorisées. Dans une économie où les compétences numériques prennent de plus en plus d'importance, leur absence freine les perspectives d'avenir. En plus d'un enseignement de qualité, il est donc particulièrement nécessaire de disposer d'un vaste réseau d'initiatives sociétales accessibles qui stimulent et encouragent les jeunes à développer leurs compétences.

TADA, BeCode, Youthstart…

Ne me comprenez pas mal. À Bruxelles, il existe déjà des dizaines d'organisations qui s’engagent depuis longtemps en faveur des jeunes à la recherche d’opportunités. Comme l’asbl ToekomstATELIERdelavenir (TADA), une école du samedi qui aide des jeunes de 10 à 14 ans à se familiariser avec différents domaines du marché du travail, dont le monde des TIC et des télécommunications.

Il y a aussi BeCode, une école de codage professionnelle qui forme des jeunes, indépendamment de leur contexte ou de leurs connaissances préalables, à devenir programmeurs professionnels. De cette façon, ils font d’une pierre deux coups : s'attaquer au chômage des jeunes et lutter contre la radicalisation. C'est pourquoi l'équipe de BeCode travaille en étroite collaboration avec des organisations pour l'emploi telles qu’Actiris, le Forem et le VDAB afin d'assurer que le plus grand nombre possible d'étudiants puissent accéder au marché du travail.

Youthstart, une organisation internationale, renforce quant à elle l'esprit d'entreprise de jeunes de 15 à 30 ans qui ont besoin d'opportunités supplémentaires pour se développer socialement ou professionnellement. Par le biais de cours pratiques et interactifs, ces jeunes développent des compétences telles que pensée créative et axée sur la résolution des problèmes, collaboration et présentations convaincantes.

Inclusion et enrichissement mutuel

TADA, BeCode, YouthStart : autant de nobles initiatives sociétales qui, avec des bénévoles, développent les talents de milliers de jeunes des quartiers défavorisés de Bruxelles. Mais malheureusement, elles travaillent encore trop dans l'ombre et dépendent trop souvent de subventions et dons de particuliers, fondations et entreprises. Cela les rend très vulnérables, alors que leur travail est extrêmement utile socialement et génère un impact matériel.

Ces petites organisations essaient d'impliquer le plus grand nombre possible d'adolescents issus de l'immigration ou de jeunes perdus. Et cette petite échelle fonctionne, précisément parce que ces organisations se situent au cœur de la communauté bruxelloise et s'appuient sur la dynamique de cette communauté locale.

Ce dont ces organisations ont besoin, c'est d'une collaboration plus étroite entre elles ainsi qu’avec d'autres organisations dont elles peuvent tirer des enseignements. Et vice versa. Prenons l'exemple de BeCentral, un hub numérique au cœur de Bruxelles qui réunit diverses organisations travaillant sur l'inclusion et la transformation numériques. BeCentral assure un enrichissement mutuel entre les différentes initiatives de formation qui y travaillent, mais abaisse également le seuil pour que les jeunes vulnérables puissent ‘regarder par-dessus le mur’ : les jeunes suivent une formation de développeur web professionnel chez BeCode, mais chez BeCentral, ils font également connaissance avec Coderdojo Belgium, qui organise des sessions d’initiation pour les enfants, et sont ainsi inspirés à devenir eux-mêmes coach Dojo. C'est là que réside le pouvoir de la collaboration et de l'enrichissement mutuel.

Accès aisé

Toutefois, afin de renforcer la croissance durable des organisations de la société civile, il faut également miser sur des alliances structurelles avec les autorités, telles qu’organisations pour l'emploi et partenaires privés, afin d’assurer un accès aisé de jeunes vulnérables à des formations professionnelles et au marché du travail. En ancrant plus étroitement ces initiatives locales dans le domaine socio-économique et en les soutenant encore davantage, ces initiatives sociétales sont plus susceptibles de réussir.

En tant qu'entreprise privée, il est important non seulement de soutenir financièrement des initiatives  sociétales, mais surtout de jouer soi-même un rôle actif au sein de ces organisations. Cela peut se faire en participant à la définition des grandes lignes du programme en tant que membre du conseil d'administration, en faisant appel à ses propres collaborateurs en tant que bénévoles ou en poursuivant une politique de recrutement inclusive et ouverte aux jeunes vulnérables. Mais aussi en ouvrant sa propre expertise et son propre réseau de parties prenantes à des organisations de la société civile avec lesquelles collabore l'entreprise. À l’instar de beaucoup d'autres entreprises et institutions privées qui partagent la même ambition et la même vision, c’est à cela que nous souscrivons chez Telenet.

De cette façon, nous pouvons veiller ensemble à ce que les jeunes aient toutes les chances de se développer dans notre société numérique. En effet, si nous réussissons à stimuler leur motivation et leur esprit d'entreprise et à les placer ‘dans’ la société plutôt qu'en marge de celle-ci, ces jeunes seront reconnus pour leurs talents et ne seront plus considérés comme d’éternels fauteurs de troubles.

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par Ineke Rampart

Corporate Affairs Director