It takes two to tango: les grandes entreprises et les start-up doivent oser davantage

It takes two to tango: les grandes entreprises et les start-up doivent oser davantage

Nos start-up dans le secteur des télécoms, des médias et des loisirs éprouvent des difficultés au niveau de la croissance durable et ont besoin d’un coup de pouce supplémentaire. C’est ce qui ressort d’une étude que nous avons fait réaliser avec Startups.be. La moitié des start-up belges de notre secteur ne connaît pas une croissance suffisamment rapide. Une des raisons est que cela coince dans la relation entre les start-up et les grandes entreprises. Et c’est une responsabilité partagée, car les défis à ce niveau résident aussi bien du côté des jeunes entreprises que du côté de celle de plus grande taille.

Les incubateurs, les accélérateurs, les business angels, les mesures fiscales du gouvernement, le programme Telenet Kickstart… Au cours des dernières années, on a beaucoup investi en Belgique dans les start-up. Et avec succès: un nombre toujours plus important de start-up belges ont le vent en poupe tant dans notre pays qu’à l’étranger. Et pourtant, connaître une croissance durable reste un véritable défi pour une grande partie de ces jeunes entreprises. Ainsi, la moitié croît de seulement 10 à 20% par an, alors que par définition, une start-up doit pouvoir connaître une croissance de 100% ou même davantage.

Pourquoi cette croissance est-elle si lente? Est-ce une question d’ambition? Ou est-ce dû à nous, les grandes entreprises, en notre qualité d’investisseurs ou de clients? Il ressort de notre étude que nous ne parlons pas le même langage que celui des start-up et inversement.

Il y a certainement une partie de vérité. Les start-up viennent souvent frapper à la porte de Télenet pour nous convaincre de leur produit ou service. Mais nous remarquons que ces pitches sont souvent mal préparés ou ne conviennent pas aux besoins de notre entreprise. Beaucoup de jeunes entrepreneurs pensent qu’il s’agit du développement d’une nouvelle solution technologique, mais ce de quoi il s’agit véritablement c’est l’innovation: nouveaux modèles économiques, nouveaux concepts, nouveaux besoins. Voilà ce que recherchent les clients corporate, voilà en quoi les investisseurs veulent injecter de l’argent. Car seule l’innovation crée la croissance.

Notre étude a montré que les start-up manquent aussi d’ambition. Elles ne visent pas assez loin et ont encore trop souvent un ‘esprit de clocher’. Est-ce dû à notre culture? Les start-up belges sont-elles suffisamment entreprenantes?

Mais rejeter le décalage sur les start-up serait abusif. En tant que corporates et investisseurs, nous avons aussi des manquements dans certains domaines. Quand les start-up disent que nous sommes trop conservateurs, elles marquent un point. Nous souffrons encore trop souvent d’une ‘culture de contrôle’ et nous souhaitons disposer de nos propres ressources, y compris au niveau du personnel et de la technologie. Il est également vrai de dire que nous sommes des décideurs trop lents quand il s’agit de gros dossiers relatifs à des investissements, par exemple. Cela ne correspond pas à la rapidité et à la flexibilité des start-up. Elles se perdent trop souvent dans les méandres des procédures internes des grandes entreprises. De plus, la culture d’entreprise des grandes entreprises est maintenant souvent une culture de la peur du risque, dans laquelle on veut trop jouer sur la certitude. Nous souffrons donc quelque part du même mal que les start-up: nous devons oser davantage.

L’étude nous a réveillés. Grâce à Telenet Kickstart, nous avons déjà fait de gros progrès. Nous accompagnons déjà les start-up dans leur développement et leur internationalisation. Mais c’est vrai qu’il reste encore des points sensibles à aborder. Nous devons nous engager encore davantage dans le coaching et la consultance des start-up via notre participation dans les incubateurs et les accélérateurs, comme StartIt KBC et IMEC iStart.

Chez Telenet, nous avons une culture de l’innovation ouverte qui est axée sur la collaboration avec les corporates, les acteurs académiques et les start-up/scale-up. Nous avons construit un écosystème qui offre un éventail de possibilités aux jeunes entreprises pour développer ensemble de nouveaux concepts et produits et surtout, nous ouvrons notre large réseau de clients et de partenaires commerciaux aux entreprises en expansion prometteuses ayant un produit attractif et fort. Prenez l’exemple de Spencer, qui a développé une application pour encourager la productivité et le confort au travail. Nous avons investi dans Spencer et œuvrons à présent à l’implémentation de leur produit dans notre organisation, mais nous présentons aussi Spencer à nos grands clients qui pourraient être intéressés par ce Mobile Workplace Assistant. La collaboration est donc vraiment possible!

Nous devons seulement encore oser davantage. Oser sauter et de préférence bien plus rapidement, même si nous ne sommes pas certains à 100% qu’un investissement réussira! Et c’est ce que nous demandons également aux start-up: osez dépasser l’esprit de clocher. Soyons plus audacieux ensemble. Car on ne peut pas nier le fait que notre économie a besoin d’innovation. Et faisons en sorte que cette innovation soit de chez nous.  

Kenny Henderyckx

New Business & Start-up Acceleration Telenet